La sélection PHOTOEIL / Festival FOTOLIMO 2016

Nous avons sélectionné Alessandro CLEMENZA avec la série WE ARE HEROES,

France Terre d’Asile m’a demandé de réaliser une série de portraits pour une campagne adressée au gouvernement britannique en Mars 2016. Il s’agissait de permettre aux jeunes migrants mineurs qui se trouvaient coincés à Calais, de rejoindre la famille qui les attendait Outre-Manche.

Nous avons choisi de les représenter comme des Héros, et non comme des victimes.

J’ai voulu poser un regard positif sur ces adolescents qui, s’ils ont perdu l’innocence de l’enfance, continuent à rire et à se projeter dans un avenir meilleur. C’est eux et leur force que j’ai voulu mettre en premier plan, et non la misère, pourtant réelle, qui me semblait trop souvent mise en avant dans les photos de camps de migrants. Car de quel courage et de quelle détermination faut-il faire preuve pour parcourir plus de 6000 km en côtoyant chaque jour le danger et la mort? Difficile de nous imaginer affronter ces périples; encore plus difficile d’imaginer des enfants les surmonter seuls. Beaucoup l’ont pourtant fait avec autant de bravoure que des superhéros. Durant ces jours passés à Calais, j’ai eu la chance de rencontrer des gens plein d’espoir, débordant de dignité et fiers de le montrer. Pourtant, les récits de ces adolescents ayant fui leur pays et survécu aux passeurs, trafics et réseaux criminels, glacent le sang.

Même si les héros de la série sont parfois fatigués et qu’ils sont des héros malgré eux, ils forcent notre admiration, comme les superhéros des bandes dessinées de notre enfance le faisaient.

 

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http://www.alessandroclemenza.com/

Françoise BEAUGUION, Olivier SARRAZIN, Lucie BACON avec l’exposition 

PARCOURS CHRONIQUES, EHNA WAHED.

Françoise Beauguion photographie, filme et écrit autour de la question de l’exil.

A découvrir son travail, on comprend d’abord ceci: pour dire la complexité des situations d’errances voulues et subies, tout ensemble – pour dire la grisaille de ces lieux qui désormais se multiplient aux portes des cités, aux portes d’entrée des grands pays occidentaux, il faut s’attacher aux moments d’attentes, à ces entre-deux, entre deux-pays, deux moments, deux passages, deux vies, dont font l’épreuve tous les réfugiés, lorsqu’ils butent sur une frontière, qui impose une halte plus ou moins longue. Ils sont encore portés par l’espoir, mais immobiles pourtant.

Temps où l’on reprend son souffle et où l’on se prépare, d’ici un jour, un mois, à montrer patte blanche, papiers, visas. Temps où l’on se rassemble en groupes divers, improbables, dans lesquels on retrouve certains de ceux qu’on a déjà côtoyés à tel ou tel arrêt précédent. On y guette l’occasion de s’embarquer vers un ailleurs, et l’on y parle toujours, quoiqu’on dise, de ce mouvement qui porte encore, même lorsque la marche s’interrompt.

La photographie est comme née pour révéler ces temps suspendus, ces mouvements immobiles, comme aussi la fragilité des destins qui s’y figent. Mais malgré cela l’image photographique risque toujours de manquer son objet : le risque est de simplifier, de perdre ce qui se révèle lorsque le chemin s’interrompt. Françoise Beauguion se méfie de l’efficacité de la photographie, elle déteste les évidences, les propos définitifs et les images parfaites. Elle refuse de photographier quelques regards à la va-vite. Elle est restée longtemps auprès de ces femmes et ces hommes arrêtés. Elle parle avec ceux qu’elle photographie, elle les écoute. Elle s’étonne constamment de ces vies qui passent, à la limite de la visibilité. Lire la suite…/….

Jean BOURGAULT

Professeur de philosophie

Membre du comité de rédaction de la revue Les Temps modernes.

Françoise Beauguion Auteur – Photographe www.francoisebeauguion.com

 

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PARCOURS CHRONIQUES – OPUS I

Avril – mai 2015, sur la route dite des « Balkans », les frontières s’ouvrent, se ferment et se rouvrent. Courant du mois de septembre 2015, une route encadrée, sécurisée et contrôlée est mise en place par les gouvernements nationaux sous l’influence de l’Union Européenne. Elle entend faciliter le mouvement et protéger les populations des refoulements illégaux, de l’exploitation financière des passeurs, des attaques répétées de groupes criminels.

18 novembre 2015, les événements s’accélèrent : le « corridor » devient réservé uniquement aux Syrien.ne.s, aux Irakien.ne.s et aux Afghan.e.s. Le 22 février 2016, ces dernier.e.s en sont exclu.e.s, et viennent ainsi s’ajouter à la longue liste des autres nationalités qui en sont bannies.

8 mars 2016, la Slovénie, la Serbie et la Croatie annoncent la fermeture officielle, totale et pour toutes et tous de la « route des Balkans » : les frontières se voient réaffirmées dans leur fonction première d’étanchéité, avec une vigueur sans précédent dans la région. Lire la suite…/…

Parcours chroniques-Opus I. constitue un premier aperçu de cette expérience collaborative avec Ibrahim, auteur de la carte qui ouvre cette série.

Ce projet en cours se poursuivra en août 2016, sur les traces de l’ancien corridor.

*Sunny, Ibrahim, Hemin, Nassir, Anis et Alam (d’un commun accord, les prénoms ont été changés).

Olivier Sarrazin Photographer – Video Maker HANSLUCAS Agency VOST Collective URBANPROD Mediator www.oliviersarrazin.fr

Lucie Bacon Geographer, Doctorante/PhD Student MIGRINTER (CNRS UMR 7301 – University of Poitiers) TELEMMe (CNRS – Aix-Marseille University) CESI – Center for Refugee Studies (Sarajevo, Bosnia-and-Herzegovina)

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Avec le concours de la Préfecture de région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. DRAC, le Conseil Général des Pyrénées Orientales, les Communes de Cerbère et Portbou.